Parmi les lésions du pied, la seime longitudinale interne (SLI) est longtemps restée peu connue et peu étudiée, alors même que les pareurs de terrain la signalent comme fréquente, douloureuse et difficile à soigner, notamment dans l’Est de la France.
Figure 1 ci-dessus : La seime longitudinale interne est une fissure de la muraille axiale de l’onglon, pouvant atteindre les tissus vifs et entraîner douleur, infection et boiterie, souvent persistante.
Face à ce constat, la coopérative GEN’IAtest avec son service parage s’est engagée activement aux côtés des vétérinaires, pareurs et organismes techniques pour mieux comprendre cette lésion. Une collaboration avec l’Ecole vétérinaire de Nantes (Oniris VetAgroBio) a permis la réalisation d’une étude qui s’appuie sur plusieurs années de données de parage (2021–2024) collectées par GEN’IAtest et ses partenaires, sur environ 20 000 vaches et 300 troupeaux de la région.
La SLI n’est pas une lésion rare ou secondaire : sa fréquence est comparable à d’autres lésions responsables de boiteries comme la dermatite digitale (Mortellaro), l’ouverture de ligne blanche, l’ulcère de la sole. Son niveau de présence est bien supérieur à celui de la nécrose.
En revanche, tous les troupeaux ne sont pas touchés de la même manière : on observe des taux de vaches atteintes très variables d’un élevage à l’autre, y compris dans les mêmes zones, suggérant un rôle important du milieu et des pratiques.
Aucun facteur unique n’explique à lui seul la SLI : la lésion est multifactorielle, ce qui rend la prévention plus complexe mais aussi plus stratégique.
La génétique apparait comme un facteur de risque probable avec trois observations :
Parmi les autres facteurs de risques potentiels, le contexte climatique semble jouer un rôle car de fortes variations mensuelles sont observées avec des pics entre avril et novembre.
Ce point et d’autres éléments zootechniques (système d’élevage, conduite alimentaire, logement, pratiques de parage,...) seront analysés plus finement dans les prochains mois avec la poursuite de l’étude par un étudiant en Master Epidémiologie.
Ce travail constitue une première étape essentielle, mais il ouvre surtout de nouvelles questions pour mieux identifier les leviers de prévention efficaces.
En soutenant ce travail et en valorisant les données issues du terrain, la coopérative démontre son engagement pour agir en amont plutôt que de subir les boiteries.
Bonus à consulter :
Pour en savoir plus :
Thèse réalisée par Nicolas Blanc. Merci aux autres partenaires de cette étude : Umotest, GDS de l’Ain, Montbéliarde Association, Conseil-Elevage 25-90, Capitan Aurélien (INRAe), Dr Tosi Alberto, Dr Giboudeau Bruno, Rossignol Stéphane.